Le Calvados dans la culture Normande :

Le Calvados est le pilier de la culture Normande depuis des siècles. Tout en Normandie rappelle l'importance de l'exploitation des fruits du verger pour l'économie locale. Le calvados fût bien avant de passer les frontières Normandes, un alcool destiné à l'unique consommation personnel du paysan. Puis aux cours du XXème siècle le calvados est devenu le symbole d'un art de vivre, le reflet d'une culture et c'est à ce moment là qu'il s'exporta dans le monde entier.

Très peu d'alcools peuvent se prévaloir d'une telle appartenance identitaire et d'un telle dépendance vis à vis d'un terroir. En effet, le Calvados si il n'est pas produit en dehors de la Normandie, c'est que cet alcool nécessite un environnement très particulier que seule cette région est a même de lui offrir. Pour élaborer un calvados, il faut d'abord des pommes à cidre de très grande qualité, donc des terres et des conditions climatiques optimales pour le développement du pommier.

Mais il faut également des hommes qui savent travailler la pomme avec délicatesse. C'est un art dont l'apprentissage s'est affiné pendant plusieurs siècles et qui aujourd'hui à atteint son paroxysme. En Normandie depuis le XVI ème siècle les produits cidricoles ont remplacés le vin et la bière tant au niveau de la consommation quotidienne qu'en cuisine pour la préparation des repas. C'est pour cela que la gastronomie Normande est vraiment à part. Ainsi tous les plats typiquement Normand sont élaborés avec du Cidre ou du calvados, ce qui leurs confèrent des saveurs inimitables.

Les Normands appellent traditionnellement le calvados « la goutte » et plus récemment le « calva ». Le calvados est un alcool né de la solidarité car autrefois pour son élaboration toute la famille voir même tout le village se mobilisait. Il fallait d'abord cueillir les pommes à la main pour la cidre, puis ramasser du bois pour la chauffe de l'alambic, puis il fallait remplir les cuves de cidre. Enfin il fallait maintenir le feu sous l'alambic pendant plusieurs heures pour la distillation au terme de laquelle l'eau de vie était placée en fût de chêne. Les alambics étaient variés puisqu'ils étaient fabriqués par le paysan lui même ce qui donné une concentration en alcool très différentes selon les exploitations. Cependant construire son alambic était onéreux et compliqué c'est pourquoi il existait des bouilleurs de cru ambulants qui parcouraient la Normandie de ferme en ferme pour proposer leurs alambics. Il fallait presque 13 litres de cidres pour obtenir 1 litre d'eau de vie à 65 ou 70°.

Aujourd'hui les alambics ont vraiment évolués et se sont homogénéisés, ainsi ils permettent de distiller une quantité beaucoup plus importante de cidre.

Par la suite l'eau de vie était mis dans des vieux fûts de chêne pendant au moins deux ans durant lesquels il se colorait et s’aromatisait au contact du bois et de l'air. Dans les caves, même aujourd'hui une partie du liquide contenu dans les fûts s'évapore, c'est ce que l'on appelle la part des anges.

Autrefois les bouilleurs de cru bénéficiaient de 10 litres d'alcool pur qui étaient de droit exonérés de taxes. Ce privilège a fait longtemps polémique, mais sa transmission a été récemment interdite par le législateur. Le calvados à tout de même fait l'objet de nombreux trafics clandestin et cela afin d’éviter d'avoir à payer des taxes à l'état. Cette position s'explique pour la lutte contre l'alcoolisme qui est devenue une priorité pour les différents gouvernements. En Normandie cette lutte fût rude, car les lois de l'hospitalité obligées d'offrir du calvados à tous les visiteurs peut importe le moment de la journée.

En Normandie il y à peine 50 ans, le calvados était encore considéré comme un puissant médicament pouvant guérir les hommes, les nourrissons et même les animaux.

La consommation du calvados est restée en Normandie une tradition bien vivante à travers le fameux « Trou Normand ».


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